Enfin, enfin quelques derniers tours de roue avant…

Screenshot_20200315_210216_com.libertyrider.angelIl était prévu une petite virée sur un site de lancement de V1 au nord de Rouen… Mais il était seulement prévu car une fois de plus la météo en a décidé autrement. Vendredi soir, il apparaît évident que la pluie sera de la partie. Je ne me fie pourtant pas souvent aux évidences mais là, c’est une certitude : il pleuvra là où je souhaite me rendre pour déjeuner. Et comme je n’ai pas l’intention de faire resto ni même aquapique-nique… J’annule. Je venais pourtant de créer mon premier évènement sur FB avec un certain succès.

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Et puis samedi matin, ça change un peu. Et puis samedi midi ça change vraiment alors action !!! Quelques copains répondent présents malgré le délai plus que réduit. Départ 1400 du Relais et direction la vallée sud de la Risle. A ce sujet, il ne faut pas faire le touriste et ne pas prononcer le S de la Risle. La langue française. Est-ce vraiment la plus difficile avec toutes ses exceptions et ses contre-exceptions…?RIMG0390

Le temps est tout de même moyen mais tant pis. J’ai fait un iti rapidement sur ITNConverter que je plébiscite toujours autant même si parfois le calcul de l’iti bug (il te suffit de réduire le zoom afin que tous les points de ton trajet soient visibles à l’écran). Un mail, une ouverture dans OSMAND et let’s goooooooo !!!!

Quoi qu’il en soit, je pars avec les deux meilleurs GPS qui existent en cette région (Alban et ses routes improbables, Daniel accompagné de sa connaissance parfaite de partout). Je me surprends au cour de cette première partie de trajet avec une question simple : pourquoi n’ai-je pris ma carte papier ? Depuis quelques sorties, je réalise alors, qu’elle n’est plus si présente. Osmand en est-il responsable ou dois-je chercher un autre coupable ? Il me faut me l’avouer, oui, le responsable est évident même s’il est double. Entre flemme et manque : flemme de prendre un rendez-vous à perpette, manque d’ophtalmo… En roulant, je n’arrive plus à lire les petits noms de bled sur ma carte indéchirable…

RIMG0385Bippppppp. Dangereux que je suis dans mes rêves et en plus je ne profite pas du…. Whaouuuuuuuu, je l’avais raté celui-là !!! Vite photo du château d’Ambenay. Je suis déjà sur la pente descendante de cette petite route improbable et la vue n’est plus plongeante… Seul je serais remonté à pied voir ce domaine. Seul j’aurais… Il est évident que je dois me garder ces moments d’isolement qui permettent la liberté, sans gêne vis à vis des camarades présents. Ou alors… Faire fi du groupe ? Question de réflexion à vraiment trancher car elle me taraude depuis quelques temps déjà.

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Mais ce château nécessite bien plus qu’une photo : une visite ! Construit au milieu du XIXème par un riche industriel de Rugles (M FOUQUET), il sera appelé château de l’Hermite (ou Ermite). Dès sa conception, il avait une particularité : il disposait de l’eau courante. Pompée dans la Risle (attention, pas le S), un moulin, en contrebas, la faisait monter sous les toits de la demeure avant de la distribuer, par gravité, dans toutes les pièces nécessitant ce trésor. Imaginer cela de nos jours est tellement singulier. Comment ça ? Dans les films catastrophe, l’eau, les portables… Tout fonctionne de façon si naturelle, est-ce que l’on nous cacherait quelque chose comme au sujet du COVID-19 ?

RIMG0388Et puis, sur la gauche, encore une demeure somptueuse : le château de la Chapelle, à côté de la Neuve Lyre. Encore une oeuvre de la famille FOUQUET qui, durant le XIXème fut très présente dans cette vallée. Cette branche de la famille fit fortune dans les chemins de fer et notamment la fabrication de certaines pièces des voies. Ancienne tour de garde au moyen âge, le château de la Chapelle sera bâti sur ces anciennes fondations, englobant alors une chapelle qui se trouvait accolée à l’ancienne tour. Au bout de son allée, il trône majestueusement. Point positif, il semblerait que le lieu se visite.

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Et puis la Risle (attention au S bon dieu !!!) nous accompagne toujours. Le bitume est rarement sans sa bande verte centrale, mais comment pourrait-il en être autrement alors que Daniel est aux commandes du petit groupe. Je me souviens de ma rencontre avec le personnage : tout le monde parlait des routes à Daniel (non ce n’est pas une faute mais bien une volonté de verbiage normand), et bien je n’ai trouvé qu’Alban pour me dénicherRIMG0392(1) des routes encore moins routes. Il arrive même, parfois, que le goudron s’efface sous la terre grasse de la vallée. Encore et encore, je profite de la stabilité de la BMW qui, jamais, ne se laisse embarquer. D’aucun me diront qu’un jour pas comme un autre, le vélo me rappellera ses 260 kg sans plus d’alerte qu’une masse qui choit sans préavis.

Les Dartagnans du Val Gallerand, remettant en état le château de la Ruralité vendent du pain pour aider aux travaux, ils appellent aux dons aussi. Les plus belles courbes sont à observer sur la toiture droite de la RIMG0399grande demeure. Comment imaginer la charpente sous un tel travail de volutes ? Dommage, le soleil n’est pas présent pour me faire rêver d’une mer de tuiles.

Alors encore des routes qui n’en sont pas, des bandes vertes, des tas de boue. Bérénice se comporte comme si l’asphalte était lisse et le grip des pneus, aidé de l’assistance électronique, m’offrent une autoroute. J’oublie vite l’instabilité du scooter de tous les jours. Une bière puis deux chez Marco. Quelle belle journée. Il est 1830, je suis loin d’imaginer l’annonce qui va suivre de la part de nos dirigeants. Ont-ils raison ? La question n’est : civisme et respect de l’autre avant tout. Nous sommes une nation.

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Corneille me l’avait dit

Je partais seul, mais par un prompt renfort me baladais à 4. Oui, l’ami Corneille avait raison même s’il fit erreur sur les chiffres. Mais comment en tenir compte face à un tel auteur dont l’oeuvre date de 1636. Il ne pouvait prévoir avec tant de précision. Alors oui, hier soir je partais seul. Et puis une a voulu rejoindre. Et puis un autre a su réparer sa fuite. Et puis ce matin, un coup de fil de génie, seulement 30 minutes avant le départ et Alban est debout et prêt pour cette virée de fin février.

Screenshot_20200222_185432_com.libertyrider.angelPas d’idée de froid ce jour, juste un soleil qui ne sera présent que sur les premières heures. La météo ne s’est pas trompée cette fois et la température restera au dessus des 11°. Certains espèrent encore skier en moyenne montagne, certains mettent des hélicoptères en route pour positionner la neige sur les téléskis, certains… Février devient un mois de printemps. Nous sommes responsables, je suis responsable par mes actes, par mes acceptations… Pourtant je ferme les yeux même si mon coeur se rebelle.

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Un vrai petit déj. Bruno est là (à l’heure !!!!), prendre Alban sans même s’arrêter (toujours prêt le gars aux doigts en or) et direction Vernon par les petites routes. Sortir d’Evreux en passant devant la base (il y avait longtemps, le pont est opérationnel, l’herbe a poussé sur les butes), la petite D57 qui laisse toujours possibles les grandes courbes et impose les virages plus serrés. Je profite de la RT de plus en plus et ma peur des glissades s’efface sous la qualité de tenue de route de BMW.

Essai encore d’Osmand en programme GPS. Toujours en version gratuite mais je suis décidé, au retour, à passer sur la version payante (chargement en cours alors que j’écris ces lignes) : pour soutenir en premier lieu ceux qui se défoncent pour ce programme mais aussi pour disposer d’une appli complète. Elle semble tellement prometteuse… Mais décidément, il faut apprivoiser la bête où tout semble possible. Comme LibertyRider, ces choses vivent grâce à nous : rien n’est gratuit, les développeurs mangent eux aussi.

IMG_20200222_150108Une rencontre sur FB m’a donné un iti pour découvrir le Vexin tout en me rappelant que les routes sont grasses de terre et autres dépôts… Je ne vais pas incriminer les seuls agriculteurs mais aussi les chasseurs, les 4X4 qui se régalent dans les chemins, les quads bruyants se croyants parvenus. Alors Giverny, et puis… Et puis c’est la cata : je perds le tracé car je n’y fais plus attention. Je profite et c’est sûrement vers par là.

Longer l’Epte, c’est longer une frontière instaurée en 911 entre la France et la Normandie. Des mottes vont se monter tout au long de son bassin versant puis porter des bâtiments de pierres. Château sur Epte et sa ruine nous rappellent que l’histoire est avant tout une question de survie. Et la survie est une question de protection de territoire. RIMG0361Et quand il est question de protéger le territoire, je parle avant tout de bouffe. Nous sommes des animaux et comme tous les animaux, notre vie est une question de lutte. Contre nos congénères, contre les autres races, contre les virus, contre… Les ruines du château sont en cours de restauration. Des bénévoles les acquirent en 2015 et rêvent d’accueillir du public au plus tôt. Les travaux devraient prendre fin d’ici 2035… Alors j’ai encore le temps d’admirer le lieu depuis la route circulaire.

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Mais l’Epte ne fut pas qu’une frontière. Avec un débit régulier, elle est aussi territoire de moulins. Témoin d’une époque où il n’était pas question d’énergie renouvelable, de gaz à effet de serre… une époque que nous finirons par retrouver quand nous aurons épuisé le monde.

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Ici, le moulin de Fourges a changé de destination. Fini la roue qui tourne dans le courant, fini le mouvement giratoire de la meule et des grains qui offrent, sous la pression, leur RIMG0353précieuse farine. Aujourd’hui c’est un restaurant qui propose une terrasse au fil de l’eau face à un espace verdoyant appelant, pour sa part, au pic nique !!! Un peu de soleil, une pointe de chaleur, une nappe… ça y est, je rêve même s’il me manque encore quelques ingrédients.

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RIMG0364Alors la route reprend vers des points de vue qui subliment la Seine bien haute déjà. Décision d’aller à la côte des deux amants…. Juste décision : étrange, j’ai pourtant un GPS sur mon guidon qui s’oriente en fonction du nord, je sais pourtant d’où je pars, où je vais… déviation par-ci, déviation par-là… un petit tour et puis s’en va, sans rejoindre la destination souhaitée. Les nuages montent, le soir approche.

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Il est temps de rentrer. Un dernier tour dans le vent glacial sur le château Gaillard. RIMG0368Déposer Lina et puis une bonne bière avec les compères du jour. Il y a du monde en ville. Merci les potes, ça fait du bien de rouler à moto, parfois oublier le scooter !!!

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A la 125, je me suis rabaissé… Bonheur !!!!

Screenshot_20200215_171806_com.libertyrider.angelIl est des motards qui estiment que si tu roules en telle ou telle marque, tu ne devrais avoir droit de vie. Je n’ose même pas parler de cylindrée : en dessous de 1000, as-tu vraiment le droit de respirer ? Alors aujourd’hui j’ai accepté d’y retirer un chiffre et même utilisé un scooter !!! Dois-je me flageller ce soir ?

Il n’en sera rien, le test pour cette balade a été réalisé et s’est avéré positif : le 125 c’est sympa, le scooter c’est sympa, mais décidément il manque quelques détails. Le premier d’entre eux est en accord avec un mot qu’il ne faut pas négliger : confort. Oui le scooter dispose d’une grande place sous la selle. Oui, il n’est pas besoin de passer les vitesses sur un scooter. Oui… Oui… Vivement la prochaine balade en compagnie de Bérénice.

RIMG0334En ce samedi, la météo est clémente et le soleil est présent, parfois. Alors à midi juste, devant notre belle cathédrale, il est temps de donner le départ. Avec moi, une copine qui rôde sa MT125. Elle m’a prévenu : 65 km/h max… Aller, je suis un bonhomme, même pas peur… Mais c’est pas vite 65 à bien y regarder et pratiquer. Ha les joies de la moto neuve !!! Hein Lina ? Je t’entendais bouillir sous ton casque. Même pas besoin d’intercom pour cela.

L’habituelle traversée de Gravigny et Caer, toujours insipide et la vallée de l’Iton s’ouvre devant moi. Mais doucement, tout doucement alors que mon bon scooter voudrait s’éclater. Nouvelle découverte : avec les petites roues de la bête, lâcher le guidon relève de la tentative de suicide et de toute façon… Lâcher la poignée des gaz revient à presque s’arrêter… Donc les photos en roulant se feront d’une seule main.

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Je me régale toujours autant de cette vallée, juste assez encaissée pour laisser passer les rais solaires, juste assez étroite pour que tu n’aies pas de doute sur le fait d’être au creux d’une rivière. Parfois un château, bâti sur les terres du bassin versant, retient mon attention RIMG0340comme le château de Pinterville. En continuelle évolution du XVIIème au XIXème siècle, ce lieu est chargé d’histoire. Dès 1260, ses terres sont le théâtre de construction d’un manoir appartenant à l’échanson (celui qui sert à boire) de Saint Louis. Même Edmond Rostand y vint séjourner. Sur la grille, la couronne royale y est représentée. Les limites de mon WG-60 se font cruellement sentir en contre jour.

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Et puis je me perds vraiment, voulant sortir de la vallée, rejoignant la grand route. Alors une autre vallée s’ouvre devant moi. Majestueuse et grandiose, la Seine coule à mes pieds. RIMG0342Je tente d’expliquer la position du soleil en fonction de l’heure Z à ma camarade de route et galère. Peine perdue. Je suis vraiment un mauvais prof. Nouveau départ, le soleil est dans le 185, donc cap au 270 afin de rejoindre… de rejoindre… Tiens, les nuages sont là, plus de soleil. Donc direction vers par là environ ou presque… Et perdu de nouveau.

Je ne résiste pas.Sur ma droite un panneau qui a déjà bien vécu : “Château”… Aller hop, cela monte, sortie de cette vallée et en haut, une jolie surprise. Le château de Montaure, sur la commune de Terres de Bord, est en pleine réfection de son allée. Lieu culturel, trônant sur la place de ce petit village, il renferme, dans ses jardins, le musée du cidre. Il me semble qu’il faudra y revenir à Pâques pour le festival de l’oeuf décoré à moins de se rendre à Amboise pour admirer ces merveilles.

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Et puis Evreux, une petite mousse chez Marco, voilà une journée de rodage lente et superbe : prendre le temps et profiter est à ce prix. Encore une fois, la course ne permet pas les découvertes et même s’il est écrit sur beaucoup de bras de motards : “brule la gomme pas ta vie”, je préfère brûler la carte SD de mon appareil photo.

Sentiment étrange au soir de cette sortie. Je réalise que j’ai du rester concentré tout au long de cette centaine de kilomètres, sans me laisser le temps de m’évader, de parler à mon casque. Oui, j’ai profité des paysages. Oui, j’ai vu de jolies choses. Mais la conduite de petites roues (12 pouces) impose une grande concentration : ce n’est pas la balade qui vide la tête en fait. Alors oui, une nouvelle fois : prochaine balade sur Bérénice, non négociable.

Un café et c’est parti

Screenshot_20200201_141035_com.giobat.troviamociPetit café du samedi. “Salut Pascal, bisou Agnès, toujours aussi jolie, bisou Caroline au sourire toujours radieux…” Les copains sont là, déjà en pleine conversation sur le devenir de l’armée de l’air, du syndicalisme, de la dernière mob qui va sortir… ha ben non, cela n’existe plus. Nous avons oublié tout ce que les anciens ont fabriqué au sortir de la guerre, avec peu de moyens, avec peu d’énergie, avec… Nous, consommateurs, sommes en premier lieu responsables Point

“Un allongé stp patron”. Une passagère m’a converti, il y a quelques années à ce breuvage, qui ne nécessite pas de sucre et permet de diluer les mauvais cafés parfois servis. Et puis la carte Michelin reste fermée somme toute. Les discussions reprennent mais je dois avouer être moins attentif : mon esprit est déjà parti sur les routes. Alors la destination ? Et bien ce sera en direction de la mer sans aucune envie de la rejoindre. Un regret en cet instant : il faut que je prenne toujours un petit sac pour une nuit en partant ainsi.

RIMG0312Café payé, il est à peine 1100 et le soleil point déjà au travers des nuages qui se disloquent mais, malgré tout, luttent. C’est parti. Seul, il est possible de faire des tours de rond-point sans craindre de perdre le camarade sur son XADV tout neuf par exemple. Au milieu de rien, sur cette route en plein champs, les arbres sont taillés en boule. Rectiligne, l’allée est superbe et laisse présager un château en son horizon. Mais non, où que je me tourne, ce sont champs et autres champs. Petit tour de rond-point pour profiter de cette place.

Beaumont le Roger et son abbaye en bien mauvais état. Après avoir été un édifice religieux, elle fut, comme beaucoup de lieux de cultes, au début du XIXème transformée en filature, incendiée, puis vendue pour les pierres. Classée depuis 1916, le monument ne sera jamais rebâti car ses pierres sont aujourd’hui murs de beaucoup de maisons de la ville qui l’enserre.

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IMG_20200201_144341Le classement aux monuments historiques permet des aides auxIMG_20200201_144323 propriétaires sous certaines conditions et surtout sous certains délais (de 6 mois à un an). Mais ils ont aussi l’obligation de réaliser un certain nombre de visites et là… C’est souvent le propriétaire, pour les petits lieux, qui vous accompagne et vous ouvre ses propres portes. Autant dire qu’un véritable passionné guidera vos pas dans… Oups !!!! Rouler la tête ailleurs fait que parfois tu réalises que la route disparaît et je m’arrête juste à temps.

RIMG0317Demi-tour le long de la vallée de la Risle. Cette rivière garde son charme d’antan avec ses champs et ses longères. Rénovées pour la plupart, ces anciennes fermes gardent un côté suranné qui emporte le promeneur dans des âges dont nous n’avons idée des difficultés, de l’inconfort, de l’absence d’hygiène… Basses de portes, de plafond, aux petites fenêtres, la lumière y pénètre guère. En hiver, au coin du feu, dans une ambiance cocooning aux parfums de la cheminée qui embrase la sieste du moment. Je rêve sur le route de ces moments chaleureux, câlins.

Dans la forêt, image des terrains de jeu de Jacquou le Croquant, je m’attends, à chaqueRIMG0320 virage, voir apparaître les révolutionnaires, les malandrins de ce début de XIXème qu’Eugène Le Roy dépeint dans son ouvrage. Toujours cette nature hivernale qui entoure et isole le promeneur motorisé et esseulé que je suis. Calme, plénitude, sentiment de solitude  sereine, je profite de chaque instant et laisse mon esprit errer dans cette forêt déserte et sauvage.

RIMG0322Clairière, lumière, bâtisse immense, l’abbaye du Bec Hellouin me ravit toujours et m’impose un arrêt, une photo encore et encore renouvelée. Même si rien ne bouge, du haut de la colline, je ne peux m’empêcher de voir les moines s’affairer, entre leurs temps de prières, aux activités champêtres. Le village est tout aussi éteint avec ses maisons à colombages, colorées, ses rues qui ne laissent liberté ou si peu de temps au condamné.

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RIMG0330Sur le retour, quelques pépites comme cette maison dont le jardin laisse présager du goût subtile de ses occupants. Envie de rentrer en tous ces lieux, de les découvrir comme des trésors. Vivement le soleil pour changer ces teintes grises, les gens sont dehors, les rencontres plus faciles.

Vallée de Seine et histoire

Screenshot_20200126_160222_com.giobat.troviamociQuand cela démarre sans but, quand cela démarre et que le parcours est tronqué… Voilà, quand cela démarre et que cela devient imprévu, c’est là que c’est bon et que le magique de l’aventure apparait au coin de la rue. Alors aujourd’hui cela démarre, le parcours est tronqué et… une belle rencontre avec une page d’histoire que je ne vais pouvoir m’empêcher de regarder.Leclerc à Caër, 50 centimes pour gonfler des pneus, temps mitigé entre couvert et couvert, mais chance : il fait bon. Ok, un peu trop bon même. Je me suis couvert comme un guerrier de la route qui sait d’avance qu’il va se peler… Trop chaud du coup… Retenir : être intelligent c’est avant tout savoir s’adapter et quand tu as trop chaud, tu enlèves une pelure en premier lieu… Crétin, tu es en sueur !!!

RIMG0274Saint Vigor, Autheuil, Gaillon. La température est pourtant bien positive. Certes la route est mouillée, mais l’impression d’instabilité est réelle, bien réelle alors doucement sur les gaz et virages molo. Déjà que je ne suis pas un adepte du genou au sol, là c’est carrément pépère et vraiment peu d’angle. Mais la route s’assèche au fil des kilomètres et le plaisir revient bien vite.

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La Seine est haute mais pas tant que cela encore. Un panneau incongru à Muids affichant Norton à 486 km … RIMG0290Un échange avec un couple de promeneurs dominicaux me permet de savoir que leur village est jumelé avec Norton en Angleterre, que… La rencontre de l’autochtone est souvent mine de savoir mais parfois il faut aussi être prêt à couper l’échange sinon coupe le moteur, descends, retire ton casque et plante ta tente. Aujourd’hui, le but n’est pas de faire la conversation avec ces braves gens qui s’ennuient.

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Et puis la route encore, grandes courbes le long du fleuve aux demeures immenses, riches d’un passé où la réussite s’affichait. Une épingle pour un point de vue. RIMG0281Le moulin d’Andé, ses artistes, ses œuvres comme cette carcasse découpée, rognée, qui pleure au milieu d’un jardin abandonné à l’hiver.

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RIMG0295~2Le chemin de la plage offre un espace à pique-nique mêlant romance et farniente. Dès l’arrêt des motos un homme vient négligemment à notre rencontre, vérifiant notre présence, notre activité en ce lieu qu’il protège jalousement. Ce n’est pas le première fois que je le vois mais cette fois, je parviens à engager le dialogue. Il nous explique que nous sommes au beau milieu de l’ancien domaine de Louis Renault.

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Entre 1906 et 1944, l’industriel va y créer un domaine agricole de 1700 hectars dont la principale culture sera celle de la pomme de terre, puisant l’eau de la Seine pour l’irrigation et se servant du fleuve pour le transport des tubercules. Louis Renault voulu ce lieu à la pointe de la technologie mais aussi du mouvement social naissant en ce début de XXème siècle. Routes, éclairage, électricité, eau courante, tout y était réuni autant pour le confort des châtelains que des ouvriers agricoles. La mort est passée par là et seule son petit fils est encore propriétaire d’une habitation face aux eaux fuyant vers la mer.

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Et puis… Et puis je propose de nous en retourner pour une petite bière au Central. Mon camarade s’emballe alors. Fin des petites routes, des grandes courbes des anses de la Seine : Gazzzzzzzz mon pote et autoroute. Il est, parfois, des notions à taire lorsque tu n’es pas seul et que tu veux profiter de la flânerie du moment !!!! D’autres motards sont déjà attablés et profitent du moment au chaud chez Séverine et Olivier. Encore des motos alignées en cette fin de dimanche après-midi dans le centre d’#evreux.

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Revenir sur la route de la plage (tiens d’ailleurs, il n’y a pas de sable, victime de la guerre lui aussi ?), aux beaux jours, accompagné ou non, et profiter d’un pain saucisson au soleil, les petons à l’eau ou la tête posée sur une gracieuse cuisse féminine. C’est bon, noté dans mes tablettes des choses à faire en d’autres temps. Temps ou mademoiselle météo, capricieuse ce jour, saura inviter à s’allonger dans l’herbe et y perdre ses clefs ajouterait mon ami Dan.

Tout ça pour une Chaudron

Screenshot_20200119_160841_com.giobat.troviamociJe vois déjà les houlalala !!! “Chaudron est masculin !”… Et bien non, pas toujours et c’est justement le cas ici. Alors une Chaudron ? Et bien c’est une Justine, une “Bleue”, mais de couleur “cuivrée” avec pare chaine et selle biplace d’origine par exemple, mais aussi un moteur légèrement plus puissant, des cale pieds suspendus, une fourche… Disons que la Chaudron est une Bleue de luxe. Elle porte la référence AV89. Alors pas le temps de déjeuner : équipement en motard hivernal et direction la Ferté Vidame, là où est stationnée la bête cuivrée.

Aux portes du Perche, la Ferté Vidame manque à ma collection de lieux visités. Rien que le nom de la ville est plein de promesses. Traduit, cela signifie : la forteresse de celui qui mène les armées de l’évêque (oui, fut un temps, les évêques disposaient d’armées afin de faire respecter leurs “droits” féodaux). J’aime le Perche, les balades y sont une harmonie de campagne, de montagne, de forêt, de gave et de gens accueillants. Pourtant je ne m’étais jamais arrêté et ce bref passage ne m’a dissuadé : il faut impérativement revenir avec le temps de visiter.

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La rue principale, droite et offrant une vue sur le clocher de l’église Sainte MADELEINE de Verneuil d’Avre et d’Iton, pourtant distant de 15 km, est tout simplement magnifique et impose la balade pédestre. Les ruines du château forcent le regard. Ces jardins, ces pièces d’eau, ces pierres méritent de revenir y flâner, découvrir l’histoire du lieu. Ce jour, cela n’est pas possible : le froid tombe déjà et il est temps de mettre le cap sur le retour.

RIMG0268~2Chez le fermier qui proposait la mob à la vente, j’ai eu la chance de rencontrer un ami à poils bien intéressé par la moto et qui, certainement, serait un bon compagnon de balade au travers des sentes du Perche. Dans les cours des fermes en retrait, on trouve de tout telle cette ancienne 304 break dans un piteux état. La Chaudron n’est pas au goût de mon mécano et Alban décide de repartir. Il n’a même pas fait de proposition… Vraiment pas à son goût… Était-ce une excuse bidon à la Nathalie ?

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Chemin faisant, je tente les photos avec les gants hiver… Faisable, juste faisable car loin d’être évident et pratique. Les petits boutons du WG-60 sont récalcitrant et m’obligent à beaucoup de déconcentration afin d’être manipulés. En plus, mon doigt finit devantRIMG0271 l’objectif : un peu d’apprentissage et cela devrait le faire, à vitesse réduite pour limiter le carton en cas de chute.

Evreux est loin d’être morte. Certes, ce n’est pas l’affluence des vacances de Noël, mais quelques couples, quelques familles se promènent en ce dimanche, jetant un œil sur les vitrines. Et puis c’est la révélation : des motos sont parquées devant le Central (Diamond aujourd’hui). Alignées, il me tarde les jours meilleurs pour voir la rue peuplée de gens en cuir, souvent loubards du WE, aventuriers de proximité, mais tous animés de la même passion.

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Et puis les histoires commencent : la mère Raillard et son chien tenait la caisse à son bout de bar, les apéros motards qui obligeaient à rentrer les motos dans le lieu car les pilotes ne pouvaient repartir qu’à pied, le Scopitone et la chanson fétiche de l’ami Roland : Zizi la twisteuse… Les années 60/70 ont vu une ambiance qu’il nous appartient de ressusciter en accompagnant nos commerçants comme le Diamond dont l’enseigne de son prestigieux passé brille toujours au dessus de sa porte. Merci Séverine et Olivier de l’accueil. Je sais que d’autres viendront profiter de votre ouverture dominicale et qu’Olivier bavera sur les motos aux beaux jours !!!!

Il est temps d’essayer cette nouvelle carte et autre

Screenshot_20200112_194843_com.giobat.troviamociL’hiver tarde et les températures restent clémentes. Même le soleil matinal veut-être de la partie et faire montre de couleurs engageantes où le bleu, malgré les rouge, rose et orange, reste dominant de froidure. Azote, oxygène, gaz carbonique, gaz rares, mais aussi eau, poussières sont présents dans l’atmosphère. La lumière est une question de longueur d’onde.

En clair et simple, plus la lumière est rouge et plus l’onde est longue : des vagues lentes pas trop rapprochées. C’est ce que l’on appelle l’infrarouge. A l’inverse, plus la longueur d’onde est courte, plus les vagues sont rapprochées et plus on tend vers le violet, l’ultraviolet même. Le matin, le soir, le soleil est bas sur l’horizon. Pour nous parvenir, la lumière doit traverser une plus importante quantité de molécules composants l’atmosphère.

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Une onde qui oscille plus parcourt un plus grand chemin… Evident, elle a plus de chance de rencontrer une particule et donc d’être déviée : les violets disparaissent et les rouges et oranges restent. A cela s’ajoutent les particules des nuages… Stop !!! Iil fait beau, ma carte est neuve alors un petit tour d’une heure ou deux s’impose.

Mais la carte n’est pas tout. Je dois également essayer un pantalon de cuir. Première pour moi, rouler sans jeans… Une sensation d’engoncement, de maintien, mais agréableRIMG0239 sentiment de sécurité offerte par cette seconde peau. Bien entendu je suis serré car j’ai pris une taille en dessous de la mienne ! Quoi ? Mais oui, j’y crois et puis le cuir perd de sa rigidité avec le temps. Je me permets même un exercice de souplesse devant le magnifique château de Bérengeville. J’avoue, limite, mais limite ne veut pas dire par terre.

De ce château, je ne me lasse. Remanié au XIXème, il dispose d’un mur d’enceinte en briques. A chaque coin, de petites tours marquent les angles comme simulant une protection médiévale, bien peu hautes, mais tout de même. Quel bel ensemble.

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Toujours plus loin, petites routes, je tente de rester sur le bitume, de ne pas m’égarer dans les sentes. Pourtant l’idée est de plus en plus présente : la fin du goudron ne doit plus être un frein. Alors oui, 2020 verrait germer l’idée folle d’un “truc” plus aventureux en lieu et place de cette chère Bérénice ? Réflexion en cours. Qui en pâtirait ? Peut-être une passagère, mais pour ces sorties offroad… Cela vaut bien un sacrifice.

RIMG0244Alors sagement sur le bitume, je profite de cette saison étrange où les feuilles sont mortes, ou la nature semble en pause alors qu’il fait 14°C. Pas de bruit en forêt, pas d’âme qui vive pour m’offrir un bruissement. C’est en hiver que tu ressens le plus la solitude.

D’autres demeures, d’autres églises. Ici, ils n’ont pas eu le choix avec, sur le clocher, cette horloge décalée. Je ne peux m’empêcher d’imaginer le prêtre du lieu gagnant une pendule de cuisine à la tombola du village. Ok, c’est fonctionnel… Cela reste moche à souhait.

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RIMG0263Et le soleil est là, pas là, puis là de nouveau… la Côte des Deux Amants me tend les bras. Terrain gras, pourtant je respecte l’idée de rester sur le bitume… mais là, ça glisse quand même et, honte à moi, je me fais doubler par des quads qui roulent en travers dans un bruit de casseroles.

RIMG0261Le lieu mérite le détour. Ces écluses qui barrent le fleuve, ce soleil qui reflète ses rais aciers. Tout est rassemblé pour poser la couverture sur l’herbe drue face au vide qu’offre ce spot de départ de parapente. S’allonger, s’étirer, se détendre et fermer les yeux. Laisser filer l’instant, comme si le suivant était évident, comme si… “Dis grand, la sensation de ta peau qui se hérisse sous ton blouson… C’est ce que l’on appelle : froid”.

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RIMG0256Gazzzzzz vers #evreux et une agréable petite mousse de retour au Diamond. Les bars ouverts le dimanche, un pur bonheur. Séverine et Olivier sont accueillants et bien sympa.

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Première 2020

IMG_20200101_115827J’aime les beaux cadeaux. J’aime les cadeaux qui servent. Alors si un cadeau est beau et sert, je suis ravi. Avec la loupe de Sherlock Holmes offerte par mes parents ce Noël, j’ai pu découvrir le petit trait bleu sur ma carte Michelin de Normandie indéchirable. Datée de 2018, elle en aura fait des km cette brave carte, elle aura été pliée, dépliée, repliée. Bibendum a tenu ses engagement. Elle a cédé aujourd’hui sous l’attaque de quelques gouttes d’essence… Vive la version 2020 !!!!IMG_20200101_101501

Pourtant ce matin, ce n’est pas la même musique que les jours passés : le temps est au froid, le temps est à l’humide, le temps est au brouillard, le temps est un temps à ne pas mettre un motard dehors ni même un mobeur… ok.

Screenshot_20200101_164118_com.giobat.troviamociUne petite invitation aux camarades sur Messenger pour cet am. Que dit, que propose la carte ? La vallée de l’Iton, en mob… Justine, jappe dans le garage, elle se fiche de l’humide, du froid, du brouillard. Justine veut la route point. Alors à la loupe, déjà rêver et puis partir. J’avoue, les gants d’été ne sont pas suffisants et dès la sortie du garage je le regrette, mais basta et gazzzzzzz.

L’Iton est en pleine effervescence. Ce n’est pourtant pas encore la fonte des neiges, les pluies ne sont pas si intenses, et pourtant la petite rivièreRIMG0203 a déjà bien dépassé son lit. Tout au long de cette virée, l’Iton sera un compagnon qui aura guidé mes roues, même au travers de flaques en espérant que mon camarade Bruno ait filmé mon passage à gué !!!

Les Texas Longhorn ne sont pas plus surprises du passage des meules bruyantes, un regard et encore. Cette race, issue du croisement de vaches espagnoles et anglaises sur le territoire du Texas est plus qu’impressionnante de part ses cornes démesurées. Devant son panneau interdisant l’entrée, la Highland et sa mèche, la poule, son de meilleure compagnie et plus engageantes par leur regard… Mais courageusement, je décide, pour une fois, de respecter l’écriteau.

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RIMG0207Et puis ce sont les petites routes, dans la vallée, sur le plateau, dans la forêt. Il faut admettre qu’au milieu des champs, ce n’est pas le pied et l’humidité se fait bien sentir, se déposant partout et sur tout. Je suis obligé de nettoyer souvent l’objectif de mon appareil. Aucun regret d’avoir suivi les conseils du commerçant de Camara à Evreux et ce choix d’un appareil tropicalisé.

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RIMG0220Passage obligé par le château d’Houetteville. Ce bâtiment, surplombant la vallée de l’Iton est majestueux. De style renaissance, il sera transformé en 1935 afin de lui donner un cachet médiéval… RIMG0218Juste un cachet ! J’ai beau regarder, je n’ai pas encore eu l’occasion de voir une visite du lieu…Journées du patrimoine peut-être ?

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Retour vers #evreux et toujours proche de l’Iton. Peu de bars sont ouverts malheureusement alors ce sera chocolat chaud maison mais surtout douche brûlante. L’avantage de ces petites sorties est que tu n’as pas le temps de surgeler, juste de congeler !!!

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Comme cela, vite fait

Ce que j’aime en ces petites sorties imprévues et sans réel fondement, est le fait de ne IMG_20191229_082906dépendre de rien, de ne pas s’éloigner. Alors le soleil naissant de ce matin ne m’a pas laissé indifférent. Ces couleurs oscillant entre rose et orange, montrant le feu solaire, le froid hivernal, sont autant d’aimants que de pousses à la route.

Alors oui, j’ai roulé pour rouler, n’emmenant pas même  mon appareil photo. Juste envie de sentir mes roues accrocher l’asphalte, mes yeux se régaler de ces arbres dénudés, de ces teintes que seul l’air froid sait rendre. Une première halte au moulin de IMG_20191229_144344Cocherel, non loin de la statue d’Aristide Briand, pour un coup d’œil sur l’Eure. Le lieu est magique, les peintres romantiques du tout début XIXème devaient venir en ce lieu exprimer leur art. Aristide Briand, sous le nom d’emprunt de M BERTRAND y séjournait discrètement pour se ressourcer et profiter simplement du temps qui passe. Ok, certains vont me dire que s’arrêter ainsi sur un pont n’est pas intelligent… dites le : vous avez raison !

Je continue, maudissant parfois le soleil qui m’éblouit malgré la visière fumée, oubliant surtout que la vraie raison de mon agacement est ma propre bêtise : j’ai froid. Mais il est vrai, nous ne sommes que le 29 décembre, il fait 5°C… Pourquoi porter mes chaussures d’hiver ? Oui j’ai froid parce que je suis assez sot pour rouler avec de petites chaussettes fines dans les rangers… Ce n’est pas comme si disposais des goretex bien au chaud, elles, dans mon placard… Mais… IMG_20191229_150214Mais l’église Saint HILAIRE, dans un virage sur la commune de Blaru me stoppe : reconstruite en 1910, les architectes ont récupérés les restes du précédent lieu saint datant du XIIème pour les intégrer dans une construction moderne. Ce mariage ne peut laisser indifférent et je profite de cette halte pour piétiner et réchauffer mes petons, l’air de rien. Soleil !!! Réchauffe moi s’il te plait !!!

La vallée de la Seine, idée de base de ma balade, me comble. Oscillant entre brume et soleil, toujours ces couleurs froides dans une lumière gelée. Comment ne pas se laisser bercer par ces instants où la magie de la route plonge le pilote congelé dans un état second qui lui fait oublier les affres de son corps ? Alors basta, trop bon et je rallonge même.

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En cette saison, profiter de Giverny sans une myriade de cars touristiques,IMG_20191229_152953 des Andelys, de Gayon et son château, mais aussi de la superbe D316. Une certaine retenue tout de même car les partie humides de la route sont bien à l’ombre et même si je n’ai charge d’âme ou de SDS, la trouille de la glissade reste présente. 2020 est la seconde année des changements : je brise ma tirelire, c’est décidé !

Enfin finir par une petite queue bien fraîche chez Marco, ouvert en ce dimanche après-midi. Je regrette de n’avoir choisi un vin chaud dont la fragrance, émanant d’un grand chaudron mijotant sur le feu, envahit l’estaminet. Une queue bien fraîche, comme si j’avais besoin de cela … Je garde en mémoire les mots du taulier tout de même : “Oui on est ouvert ce dimanche, mais ne t’habitue pas !!!” Dommage.

C’est quoi les grandes marées ?

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Tu sais quoi ? Et bien, en ce dimanche, est apparu un nouveau symbole tout jaune sur l’appli météo de mon téléphone… Je ne savais même plus que cela existait, c’est pour dire. Alors navré pour les copains avec qui une sortie était prévue dans l’après-midi : hop, debout, douche, jean, blouson et goooo.

Un petit passage par le centre pour soutenir une amie commerçante qui, avec courage, ouvre son échoppe en cette période de Noël. Motivée la jolie miss. Un petit cadeau sous forme de photo pour un petit coup de pub quand je serai arrivé.

Aller gaz sur cette route mouillée des dernières averses et de la froide nuit qui vient de se terminer. Le soleil est là et c’est le principal de l’évasion du jour. Le bitume défile, je connais la route, chaque trou du chemin vers la mer. Ces défauts du bitume, sous formes de lignes, qui étaient signalés autrefois à l’intention des motards par un panneau “Attention rainurage”, sont une vraie plaie. Cette sensation de ne rien contrôler, de sentir la moto glisser, comme s’ébattre seule, prenant sa liberté, faisant fi de son passager… Et puis la courbe suivante et encore et encore. J’ai froid dans cette plaine baignée de soleil, dans cette forêt ensoleillée. Que l’hiver est beau !

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Un regard sur les arbres, exsangues de feuille, nus aux températures givrantes, une photo et puis une autre sans lâcher la route et son défilé. Ce nouvel appareil Ricoh est un régal mais me mène aux imprudences. Lâcher le guidon n’est pas intelligent, regarder la route au travers ne l’est pas plus. Alors faire cela tout en roulant, pilotant aux genoux… C’est carrément con. Mais tant qu’il n’y a personne derrière, elle ne s’en plaindra pas…

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Et puis c’est le pont de Normandie, et puis c’est l’entrée dans Etretat, et puis c’est le parking moto blindé car il fait maxi beau et avec les grandes marées, il est certain que les motards sont de sortie… Difficile de se faufiler pour trouver une place au milieu de cette cohue, de cette foule de gens qui ont l’esprit motard et se targuent de… Ok, au moins quelques trucs s’avèrent vrais : il fait sublime et ce sont les grandes marées et… Whaouuuuu, le spectacle !

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Syzygie… L’écriture force à s’intéresser aux mots bien sauvages et rebêles dont même la prononciation n’est une évidence. Pourquoi les grandes marées ? Pourquoi les marées tout court ? La lune, le soleil qui s’alignent et attirent les eaux mais sans oublier la force des ondes que subissent les flots, la force de l’ami Coriolis… Un foutoir que tout cela mais qui, pourtant, fonctionne très bien, sans nous, depuis des centaines de millénaires. Alors juste à retenir : pour qu’il y ait grande marée, il faut que la lune s’aligne sur le méridien (tu sais, la ligne imaginaire joignant les pôles) lunaire… Ca y est, on démarre vers un truc compliqué et moi qui voulait faire simple : les grandes marées ? Deux fois par an (printemps et automne) et il existe des tableaux tout faits qui nous donnent ces dates à l’avance… Au moins, c’est simple, et plus c’est rouge sur la calendrier, plus le coefficient est élevé (plus de 110) et mieux c’est !!!

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La mer vient frapper la jetée, les gerbes d’écume montent au ciel en un ballet somptueux puis le son parvient à mes oreilles. Je crois que c’est lui qui m’impressionne le plus. Un grondement sourd qui fait trembler mes chaires au plus profond. La terre résiste aux assauts de la mer pourtant calme. Je n’ose imaginer la force qu’il fallut aux flots pour épandre dans les rues sables et galets bien plus gros que mon poing. Ces seuls instants me font oublier le froid. Pour rien au monde je n’eusse voulu manquer cette mer qui s’épand sur la grève comme mousse.

La première fois que j’avais vu une photo de ce phénomène, j’avais pensé à de la neige…

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Il n’en est rien, c’est bien l’écume qui vient à notre rencontre. Les vagues surprennent les photographes intrépides pour le plus grand plaisir des badauds goguenards qui se régalent du malheur des autres. Saucisson, pain, fruit… Il est temps de repartir car s’il fait sublime, le soleil, déjà, infléchit sa courbe.

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La route est là, séche et libre. Les gens sont sûrement en train de faire leurs courses de Noël. Le bitume est lisse et doux sous les roues de la BMW. Le pont de Tancarville, le Marais Vernier, quelques flash ponctuent mon retour
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que je fais pourtant en toute sécurité. Evreux, un petit verre de vin avec les copains qui avaient pris d’autres routes, un passage parmi mes commerçants ouverts en ce dimanche de pré-fêtes afin d’être à leur côté, un repas impromptu aux accents chinois : la vie est belle. Ai-je passé un vrai WE, coupant la semaine ? Non, rien ne s’arrête !!! Soleil le WE prochain ??? Gazzzzzzzz !!!!!

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